Un ancien officier de l’armée ukrainienne doit comparaître mercredi 14 octobre devant la Cour régionale supérieure hanséatique de Hambourg, en Allemagne, dans le dossier des explosions qui ont gravement endommagé les gazoducs Nord Stream 1 et 2 en mer Baltique en septembre 2022.
Le prévenu, identifié selon les règles allemandes de protection de la vie privée sous le nom de Serhii K., est accusé d’avoir participé à l’organisation et à l’exécution de l’opération. Il conteste toute implication. Il reste présumé innocent tant qu’aucune condamnation définitive n’a été prononcée.
Des accusations lourdes examinées à Hambourg
La juridiction allemande a ouvert le procès après avoir estimé qu’il existait un soupçon suffisant pour juger l’accusé comme coauteur présumé de plusieurs infractions. Celles-ci comprennent notamment une attaque contre des biens civils qualifiée de crime de guerre, la provocation d’une explosion, la destruction d’infrastructures et la perturbation de services publics.
Selon l’accusation, Serhii K. aurait dirigé une équipe composée notamment de plongeurs et d’un spécialiste des explosifs. Le groupe aurait utilisé un voilier loué avec de faux documents pour transporter des explosifs militaires jusqu’à proximité de l’île danoise de Bornholm, avant de les fixer sur les gazoducs sous-marins. Ces éléments constituent la thèse du parquet et devront être débattus contradictoirement au procès.
Les procureurs allemands soutiennent que l’objectif était de mettre durablement hors service les conduites reliant la Russie à l’Allemagne et de priver Moscou de revenus gaziers pouvant financer la guerre en Ukraine. Les explosions du 26 septembre 2022 ont endommagé trois des quatre conduites de Nord Stream 1 et 2.
Seize audiences prévues jusqu’en décembre
Le tribunal de Hambourg a programmé seize journées d’audience entre le 14 octobre et le 17 décembre 2026. D’autres séances sont également envisagées en janvier et février 2027, ce qui laisse prévoir un procès de plusieurs mois.
L’affaire demeure politiquement sensible. L’Ukraine a nié toute implication étatique dans les explosions et affirme coopérer avec les enquêteurs. La Russie a, de son côté, formulé plusieurs accusations contre des pays occidentaux sans présenter publiquement de preuves concluantes. Le procès devra établir la responsabilité pénale individuelle du prévenu, sans préjuger à ce stade d’une responsabilité gouvernementale.
Les gazoducs avaient été construits pour transporter du gaz russe vers l’Allemagne sous la Baltique. Nord Stream 1 ne livrait déjà plus de gaz au moment des explosions, tandis que Nord Stream 2 n’avait jamais été mis en service après la suspension de sa certification par Berlin.
Sources : Cour régionale supérieure hanséatique de Hambourg ; Associated Press, 13 octobre 2026 ; Reuters, 2 juillet 2026.
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