Khartoum, 24 octobre 2026 — Le risque de famine augmente dans plusieurs régions du Soudan, où la guerre, une grave sécheresse liée à El Niño et le manque de financement humanitaire se renforcent mutuellement. Les zones les plus menacées se trouvent notamment dans le Grand Darfour et le Grand Kordofan.

Une déclaration conjointe publiée le 23 octobre par plusieurs gouvernements et l’Union européenne estime que 19,5 millions de personnes, soit environ 41 % de la population soudanaise, vivent une insécurité alimentaire aiguë. Parmi elles, environ 5 millions se trouvent déjà en situation d’urgence alimentaire.

Une saison des pluies exceptionnellement faible

Selon Reuters, qui s’appuie sur des données du service géologique américain USGS, les précipitations enregistrées entre juillet et septembre ont été les plus faibles depuis plus de trente ans à l’échelle du pays. La sécheresse a fortement réduit les récoltes et les pâturages dans plusieurs régions agricoles.

La FAO signale notamment des pluies inférieures aux moyennes de long terme dans les États de Sennar et de Gedaref, deux zones importantes pour la production de sorgho. Le manque d’eau affaiblit les cultures, le bétail et les revenus des familles rurales, tandis que les prix des denrées restent élevés.

Le conflit reste le principal moteur de la crise

La guerre qui oppose depuis avril 2023 l’armée soudanaise aux Forces de soutien rapide a déplacé des millions de personnes, détruit des infrastructures et perturbé les marchés, les soins de santé et la production alimentaire. Les organismes humanitaires dénoncent aussi des obstacles à l’acheminement de l’aide.

L’alerte publiée le 12 octobre par le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire, soutenu par les Nations unies, souligne que la sécheresse touche environ la moitié du pays. L’accès à l’eau potable et aux soins devient de plus en plus difficile dans les régions affectées.

Des moyens humanitaires insuffisants

Le Programme alimentaire mondial affirme que près de 19,5 millions de personnes font face à des niveaux de faim correspondant à une situation de crise ou pire. Environ 825 000 enfants de moins de cinq ans pourraient souffrir de malnutrition aiguë sévère en 2026.

Les projections restent entourées d’incertitudes, car la guerre limite l’accès à certaines zones et empêche une collecte complète des données. Les organisations internationales appellent à un accès humanitaire sûr et sans entrave, à la protection des civils et à un financement urgent pour empêcher une nouvelle aggravation.

Sources : OMS / IPC, 12 octobre 2026 ; Programme alimentaire mondial ; Déclaration ministérielle conjointe, 23 octobre 2026 ; Reuters, 23 octobre 2026.